Sonnet (Corneille, IV)
Je vous estime, Iris, et crois pouvoir sans crimePermettre à mon respect un aveu si charmant :Il est vrai qu’à chaque momentJe songe que je vous estime.
Cette agréable idée, où ma raison s’abîme, 5Tyrannise mes sens jusqu’à l’accablement ;Mais pour vouloir fuir ce tourmentLa cause en est trop légitime.
Aussi quelque désordre où mon cœur soit plongé,Bien loin de faire effort à l’en voir dégagé, 10Entretenir sa peine est toute mon étude.
J’en aime le chagrin, le trouble m’en est doux.Hélas ! que ne m’estimez-vousAvec la même inquiétude !
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