Sonnet (Corneille, V)
D’un accueil si flatteur, et qui veut que j’espère,Vous payez ma visite alors que je vous voi,Que souvent à l’erreur j’abandonne ma foi,Et crois seul avoir droit d’aspirer à vous plaire.
Mais si j’y trouve alors de quoi me satisfaire, 5Ces charmes attirants, ces doux je ne sais quoi,Sont des biens pour tout autre aussi bien que pour moi ;Et c’est dont un beau feu ne se contente guère.
D’une ardeur réciproque il veut d’autres témoins,Un mutuel échange et de vœux et de soins, 10Un transport de tendresse à nul autre semblable.
C’est là ce qui remplit un cœur fort amoureux :Le mien le sent pour vous ; le vôtre en est capable.Hélas ! si vous vouliez, que je serois heureux !
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