La vierge de la vallée
Les Opalines
LA VIERGE DE LA VALLÉE
Elle était fille d’un matin d’été,Et sa mère, c’était la brumeQui pait le fond du val en liberté,Que l’aube en s’habillant parfume.Sa chair était d’air frais, candide et pur,Que rosait la moindre surprise,Son regard un frémissement d’azurEt son haleine un peu de brise.Sa chevelure en vague sur son dosEtait un flottement de soie,Et sa taille avait des gestes très beauxComme l’herbe quand elle ploie.
Pour cœur elle avait un léger paillonD’or, tombé d’une fleur pour elle,Et dans sa tête un joli papillonDes blés en guise de cervelle.Or, quand vint l’automne en manteau cuivré,On la vit qui devenait sombre ;Ses regards, jadis de joie enivrés,Se remplissaient de tristes ombres.Dans les prés du val elle alla s’asseoir,S’étreignit des deux mains, et, lasse,Rendit son âme à la brume du soir.Une source coule à sa place.
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