Les fils de la vierge

Les Opalines

LES FILS DE LA VIERGE

En ce matin de fin d’été,Les prés sont vêtus d’étincelles.On dirait un voile argentéDe lumineuses coccinelles.Le soleil pâle, endolori,Ensommeillé dans de la brume,Comme un enfant chétif souritA cette fête qu’il allume.C’est délicat et virginal,Et c’est frais comme est une boucheDont l’âge encore originalAu moindre baiser s’effarouche.

Or, voici que cela s’éteint,Que tout s’évanouit sans cause,Hélas ! et s’absorbe soudainEn la splendide apothéoseDe l’astre qui vient d’éclaterDans l’azur qu’éblouit sa face,Et que dévore sa clartéImpétueusement vorace.Ils sont beaux, les matins vêtusDe myriades d’étincelles,Mais quel dommage qu’impromptusIls soient fragiles autant qu’elles !

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