Les révoltes de la vie

Les Opalines

LES RÉVOLTES DE LA VIE

Oh ! vivre ! vivre encore, et ne pas mourir tout !Quelque part, n’importe où,Ingénieux larron frustrant la Mort immonde,Laisser un peu de soi,Si peu que cela soit,Après sa mort, au monde.Ha ! vous traitez de sot, de fou, de vaniteux,L’espoir qu’ont devant euxCes amants de la Vie aux ardeurs excessives,Et dont l’unique soinEst que leur œuvre au moins,Lorsqu’ils seront morts, vive !

bien, moi, je vous dis, ô rieurs imprudents,Que ce désir ardentEst le frémissement d’une âme peu frivole,Qu’il est beau de vouloir,Pour éclairer au soirSa couche, une auréole.Je vous dis qu’il est beau d’aimer le jour qui luit,D’avoir peur de la nuit,De vouloir enfin que son nom, quand la mort tombe,S’échappant aussitôt,Soit l’immortel oiseauChantant sur une tombe.Oh ! vivre, vivre encor et ne pas mourir tout !Quelque part, n’importe où,Ingénieux larron frustrant la mort immonde,Laisser un peu de soi,Si peu que cela soit,Après sa mort, au monde !

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