Au milieu de la guerre, en un siecle sans foy

Maintenant que l’Hyver de vagues empoulléesOrgueillist les Torrens, et que le vent qui fuit,Fait ores esclatter les rives d’un grand bruit,Et ores des forests les testes éfueillées :Je voudrois voir l’Amour les deux ailes gelées,Voir ses traicts tous gelez, desquels il me poursuit,Et son brandon gelé, dont la chaleur me cuitLes veines, que sa flame a tant de fois bruslées.L’Hyver est tousjours fait d’un gros air espessyPour le Soleil absent, ny chaut ny esclaircy :Et mon ardeur se fait des rayons d’une face,Laquelle me nourrit d’imagination.Tousjours dedans le sang j’en ay l’impression,Qui force de l’Hyver les neiges et la glace.

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