D’un profond pensement j’avois si fort troublée
D’un profond pensement j’avois si fort troubléeL’imagination, qui toute en vous estoit,Que mon ame à tous coups de mes lévres sortoit,Pour estre, en me laissant, à la vostre assemblée.
J’ay cent fois la fuitive à l’hostel r’appellée,Qu’Amour me desbauchoit : ores elle escoutoit,Et ores sans m’ouyr le frein elle emportoit,Comme un jeune Poulain qui court à la vollée.La tançant, je disois, Tu te vas decevant.Si elle nous aimoit, nous aurions plus souventCourse, poste, message, et lettre accoustumée.Elle a de noz chansons, et non de nous soucy.Mon ame, sois plus fine : il nous faut tout ainsiQu’elle nous paist de vent, la paistre de fumée.
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