Donne moy tes presens en ces jours que la Brume

III

Donne moy tes presens en ces jours que la BrumeFait les plus courts de l’an ou de ton rameau teintDans le ruisseau d’Oubly dessus mon front espeint,Endor mes pauvres yeux, mes goutes et mon rhume.Misericorde ô Dieu, ô Dieu ne me consumeA faute de dormir : plustost sois- je contreintDe me voir par la peste ou par la fiévre esteint,Qui mon sang deseché dans mes veines allume.Heureux, cent fois heureux animaux qui dormezDemy an en vos trous, soubs la terre enfermez,Sans manger du pavot qui tous les sens assomme :J’en ay mangé, j’ay beu de son just oublieuxEn salade, cuit, cru, et toutefois le sommeNe vient par sa froideur s’asseoir dessus mes yeux.

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