D’autre torche mon cœur
Le premier livre des Sonnets pour Hélène
XXXVIII
D’autre torche mon cœur ne pouvoit s’allumerSinon de tes beaux yeux, où l’amour me convie :J’avois desja passé le meilleur de ma vie,Tout franc de passion, fuyant le nom d’aimer.Je soulois maintenant ceste Dame estimer,Et maintenant ceste autre où me portoit l’envie,Sans rendre ma franchise à quelqu’une asservie :Rusé je ne voulois dans les rets m’enfermer.Maintenant je suis pris, et si je prens à gloireD’avoir perdu le camp, frustré de la victoire :Ton œil vaut un combat de dix ans d’Ilion.Amour comme estant Dieu n’aime pas les superbes :Sois douce à qui te prie, imitant le Lion.La foudre abat les monts, non les petites herbes.
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