J’errois à la volee
Le premier livre des Sonnets pour Hélène
LII
J’errois à la volée, et-sans respect des loisMa chair dure à donter me commandoit à force,Quand tes sapes propos despouillerent l’escorceDe tant d’opinions que frivoles j’avois.En t’oyant discourir d’une si saincte vois,Qui donne aux voluptez une mortelle entorce,Ta parole me fist par une douce amorceContempler le vray bien duquel je m’esgarois.Tes mœurs et ta vertu, ta prudence et ta vieTesmoignent que l’esprit tient de la Deité :Tes raisons de Platon, et ta Philosophie,Que le vieil Promethee est une vérité,Et qu’après que du ciel la flame il eut ravie,Il maria la Terre à la Divinité.
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