Poème 102
Les Amours (1553)
Depuis le jour que le trait ocieusGrava ton nom au roc de ma memoire,Et que l'ardeur qui flamboit en ta gloireMe fit sentir la foudre de tes yeux :
Mon coeur ataint d'un éclair rigoureusPour eviter le feu de ta victoire,S'alla cacher dans tes ondes d'ivoire,Et sous l'abri de tes flancs amoureus.
Là, point ou peu soucieus de ma plaieDe çà de là par tes flots il s'esgaie,Puis il se seiche aus rais de ton flambeau :
Et s'emmurant dedans leur forteresse,Seul, pâle et froid, sans retourner, me laisse,Comme un esprit qui fuit de son tombeau.
Comments
Loading comments…