Poème 103
Les Amours (1553)
Le mal est grand, le remede est si brefA ma douleur qui jamais ne s’alente,Que bas ne haut, des le bout de la plante,Je n’ai santé, jusqu’au sommet du chef.
L’oeil qui tenoit de mes pensers la clef,En lieu de m’estre une estoile drillanteParmi les flots de l’amour violante,Contre un orgueil a fait rompre ma nef.
Un soin meurtrier soit que je veille ou songe,Tigre affamé,le coeur me mange & ronge,Suçant tousjours le plus dous de mon sang :
Et le penser qui me presse & represse,Et qui jamais en repos ne me laisse,Comme un mâtin, me mord toujours au flanc.
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