Poème 127
Les Amours (1553)
Quand en songeant ma follâtre j’acolle,Laissant mes flancs sus les siens s’alonger,Et que d’un branle habilement leger,En sa moitié ma moitié je recolle:
Amour adonc si follement m’affolle,Qu’un tel abus je ne voudroi changer,Non au butin d’un rivage étranger,Non au sablon qui jaunoïe en Pactole.
Mon dieu, quel heur, & quel contentement,M’a fait sentir ce faus recollement,Changeant ma vie en cent metamorfoses?
Combien de fois doucement irrité,Suis-je ore mort, ore resuscité,Entre cent lis, & cent vermeilles roses?
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