Poème 182
Les Amours (1553)
En nul endort, comme a chanté Virgile,La foi n'est seure, & me l'a fait savoirTon jeune coeur, mais vieil pour decevoir,Rompant la sienne infamement fragile.
Tu es vraiment, & site, & malhabile,D'assubgettir les coeurs à ton pouvoir,Joüet à vent, flot prompt à s'emouvoir,Beauté trop belle en ame trop mobile.
Helas, Amour, si tu as quelque foisHaussé ton vol sous le vent de ma vois,Jamais mon coeur, de son coeur ne racointes,
Puisse le ciel sur sa langue envoierLe plus aigu de sa foudre à trois pointesPour le paiment de son juste loier.
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