Poème 215
Les Amours (1553)
Cet oeil besson dont, goulu, je me pais,Qui fait rocher celui qui s’en aproucheOre d’un ris, or d’un regard faroucheNourrit mon coeur en querelle & en pais.
Par vous, bel oeil, en soufrant je me tais,Mais aussi tôt que la douleur me touche,Toi belle, sainte, & angelique bouche,De tes douceurs revivre tu me fais.
Bouche pourquoi me viens-tu secourir,Quand ce bel oeil me force de mourir?Pourquoi veus-tu que vif je redevienne?
Las! bouche, las! je revis en langueur,Pour plus de soin, afin que le soin viennePlus longuement se paitre de mon coeur.
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