Poème 46

Les Amours (1553)

Amour me tue, & si je ne veus direLe plaisant mal que ce m’est de mourir :Tant j’ai grand peur, qu’on veuille secourirLe mal, par qui doucement je soupire

Il est bien vrai, que ma langueur desire,Qu’avec le tans je me puisse guerir :Mais je ne veux ma dame requerirPour ma santé : tant me plaist mon martire.

Tai toi langueur, je sen venir le jour,Que ma maistresse, apres si long sejour,Voiant le soin, qui ronge ma pensée,

Toute une nuit, folatrement m’aiantEntre ses bras, prodigue, ira paiantLes interés de ma peine avancée.

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