Poème 60
Les Amours (1553)
Comme un Cheureuil, quand le printans destruitL’oiseus crystal de la morne gelée,Pour mieus brouter la fueille emmielée,Hors de son bois avec l’Aube s’enfuit :
Et seul, & seur, loin de chiens & de bruit,Or sur un mont, or dans une valée,Or pres d’une onde a l’escart recelée,Libre, folâtre ou son pié le conduit.
De rets ne d’arc sa liberté n’a crainte,Sinon alors que sa vie est attainte,D’un trait meurtrier empourpré de son sang :
Ainsi i’alloi sans espoir de dommage,Le jour qu’un œil sur l’Auril de mon âgeTira d’un coup mille traits dans mon flanc.
Comments
Loading comments…