Poème 91
Les Amours (1553)
De ses cheveus la rousoiante AuroreEparsement les Indes remplissoit,Et ja le ciel à lons traits rougissoitDe maint émail qui le matin decore.
Quand elle vit la Nymfe que j'adoreTresser son chef, dont l'or qui jaunissoit,Le crespe honneur du sien esblouissoit,Voire elle mesme & tout le ciel encore.
Lors ses cheveus, vergogneuse arracha,Si qu'en pleurant sa face elle cacha,Tant la beauté des beautés lui ennuie :
Et ses soupirs parmi l'aer se suivans,Trois jours entiers enfanterent des vensSa honte un feu, & ses yeus une pluie.
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