Poème 97

Les Amours (1553)

Dans un sablon la semence j'épan :Je sonde en vain les abymes d'un goufre :Sans qu'on m'invite, à toute heure je m'oufre :Et sans lojer mon age je dépan.

A son portrait pour un veu je m'apan :Devant son feu mon cœur se change en soufre :Et pour ses yeus cruellement je soufreDis mile maus, & d'un ne me repan.

Qui sauroit bien quelle trampe a ma vie,D'èstre amoureus n'auroit jamais envie.Je tremble, j'ars, je me pai d'un amer,

Qui plus qu'Aluine est rempli d'amertume :Je vi d'ennui, de dueil je me consume :En tel estat je suis pour trop aimer.

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