Poème 99
Les Amours (1553)
D’un gosier machelaurierJ’oi crierDans Lycofron ma Cassandre,Qui profetise aus TroiensLes moiens,Qui les tapiront en cendre.
Mais ces pauvres obstinés,DestinésPour ne croire à ma Sibylle,Virent, bien que tard, apres,Les feus GrecsForcenés parmi leur ville.
Aians la mort dans le sein,De leur mainPlomboient leur poitrine nue :Et tordant leurs cheveus gris,De lons crisPleuroient qu’ils ne l’avoient creüe.
Mais leurs cris n’eurent pouvoirD’emouvoirLes Grecs si chargés de proie,Qu’ils ne laisserent sinon,Que le nomDe ce qui fut jadis Troie.
Ainsi pour ne croire pas,Quand tu m’asPredit ma peine future :Et que je n’aurois en don,Pour guerdonDe t’aimer, que la mort dure :
Un grand brasier sans repos,Et mes os,Et mes nerfs, et mon cœur brûle :Et pour t’amour j’ai receuPlus de feuQue ne fit Troie incredule.
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