Marie, vous passez en taille, et en visage

Marie, vous passez en taille, et en visage,En grace, en ris, en yeus, en sein, et en tetonVostre plus jeune sœur, d’autant que le boutonD’un rosier franc surpasse une Rose sauvage.Je ne sçaurois nier qu’un rosier de bocageNe soit plaisant à l’œil et qu’il ne sente bon :Aussi je ne dy pas que votre sœur AnnonNe soit belle, mais quoy ! vous l’estes davantage.Je sçay bien qu’apres vous elle a le premier prisEt que facilement on deviendroit éprisDe son jeune en-bon-point si vous estiez absente.Mais quand vous paroissez lors sa beauté s’enfuit,Ou morne elle devient, par la vostre presente,Comme les astres font, quand la lune reluit.

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