Périclès

Translated by Alexis Pierron

Vies des hommes illustres

Depuis longtemps Périclès pousse à l’œuvre en paroles ;Mais d’action, point.

Voici venir Jupiter Schinocéphale,Périclès coiffé de son Odéon,Et tout fier d’avoir échappé à l’ostracisme.

Les revenus de leurs villes, et leurs villes mêmes, pour lier les unes et délier les autres ;Des murailles de pierre, pour les bâtir et puis les débâtir ensuite ;Ils ont abandonné à sa discrétion traités, armées, puissance, paix, finances, enfin tout leur bonheur.

Elle lui enfante Junon-Aspasie,L’impudique concubine, à l’œil de chienne.

Et mon bâtard vit-il encore ?

Il y a même longtemps déjà qu’il serait marié,S’il n’avait craint le malheur de prendre une prostituée.

Comme le peuple de Samos est fort sur les lettres !

Vieille, tu devrais ne plus te parfumer !

Des jeunes gens vont à Mégare : ils s’enivrent en jouant au cottabe ;Ils enlèvent la courtisane Simétha.Bientôt les Mégariens, en proie à une douleur extrême,Enlèvent à leur tour deux des courtisanes d’Aspasie.

Roi des satyres, pourquoi ne veux-tu pasPrendre la lance, et vas-tu débitantDe beaux discours sur la guerre,Tandis que tu as le cœur d’un Télès ?Queux rude, dont le grain aiguise l’épée,

Pourquoi frissonnes-tu à la vue de la copide,Et te laisses-tu mordre par le brûlant Cléon ?

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