Tendre caresse

Joyeux propos de Gros-Jean

TENDRE CARESSE

Elle avait les yeuxComme l’azur des cieux,Et le regard limpide.Dorés, ses cheveux,Comme les blés soyeux.Son front candide,Du lis avait l’éclat,Et ses lèvres l’incarnatDu bouton de rose…Enfin, c’est bien le portraitLe plus beau qu’on feraitEn vers ou même en prose.

* * *

Il était beau, grand, bien fait.Rien qu’à le voir on sentaitPour lui beaucoup de sympathie.Il était doux, fort et bon.

Elle avait nom MarieEt lui s’appelait Léon.Ils s’aimaient d’un amour tendre,Mais Léon se faisait attendreDans sa déclaration,Car le cher garçonPrès de Marie était timide.Un jour la fillette candideLui dit : — Je sais bien, Léon,Que ton amour est extrêmePour moi ! Moi, je t’aime de même.Mais je ne puis pourtant pasMe jeter dans tes bras,Et tu ne m’as pas faite,Même le jour de ma fête,Cadeau d’un petit baiser !

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De tout cela que fallait-il penser ?

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Sur le champ, Léon presseMarie entre ses bras.Elle soupire basSi forte fut la caresse :— Jamais aucun garçon,Ne m’a serrée ainsi, Léon !

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