Stéphane Mallarmé
Le Livre des masques
La nature est un temple où de vivants piliersLaissent parfois sortir de confuses paroles ;L’homme y passe à travers des forêts de symbolesQui l’observent avec des regards familiers.
Comme de longs échos qui de loin se confondentDans une ténébreuse et profonde unité,Vaste comme la nuit et comme la clarté,Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.
La chair est triste, hélas ! et j’ai lu tous les livres.Fuir ! là-bas fuir ! Je sens que des oiseaux sont ivresD’être parmi l’écume inconnue et les cieux…
Un automne jonché de taches de rousseur…Et tu fis la blancheur sanglotante des lys…Je t’apporte l’enfant d’une nuit d’Idumée…Tout son col secouera cette blanche agonie…
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