Stuart Merrill

Le Livre des masques

Venez avec des couronnes de primevères dans vos mainsÔ fillettes qui pleurez la sœur morte à l’aurore.Les cloches de la vallée sonnent la fin d’un sort,l’on voit luire des pelles au soleil du matin.

Venez avec des corbeilles de violettes, ô fillettesQui hésitez un peu dans le chemin des hêtres,Par crainte des paroles solennelles du prêtre.Venez, le ciel est tour sonore d’invisibles alouettes…

C’est la fête de la mort, et l’on dirait dimanche,Tant les cloches sonnent, douces au fond de la vallée ;Les garçons se sont cachés dans les petites allées ;Vous seules devez prier au pied de la tombe blanche…

Quelque année, les garçons qui se cachent aujourd’huiViendront vous dire à toutes la douce douleur d’aimer,Et l’on vous entendra, autour du mât de mai,Chanter des rondes d’enfance pour saluer la nuit.

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