Je t’aime d’être faible…
À l’heure des mains jointes (1906)
JE t’aime d’être faible et câline en mes brasEt de chercher le sûr refuge de mes brasAinsi qu’un berceau tiède où tu reposeras.
Je t’aime d’être rousse et pareille à l’automne,Frêle image de la Déesse de l’automneQue le soleil couchant illumine et couronne.
Je t’aime d’être lente et de marcher sans bruitEt de parler très bas et de haïr le bruit,Comme l’on fait dans la présence de la nuit.
Et je t’aime surtout d’être pâle et mourante,Et de gémir avec des sanglots de mourante,Dans le cruel plaisir qui s’acharne et tourmente.
Je t’aime d’être, ô sœur des reines de jadis,Exilée au milieu des splendeurs de jadis,Plus blanche qu’un reflet de lune sur un lys…
Je t’aime de ne point t’émouvoir, lorsque blêmeEt tremblante je ne puis cacher mon front blême,Ô toi qui ne sauras jamais combien je t’aime !
Comments
Loading comments…