« Dans la fièvre du ciel nocturne, l’aube passe »
Études et Préludes (1901)
II
Dans la fièvre du ciel nocturne, l’aube passe,Les mains fraîches, riant dans le ciel argentin,Et, comme les débris d’un somptueux festin,Les nuages fanés s’effeuillent dans l’espace.Tes yeux ont le reflet des eaux mortes ; ta grâceD’amoureuse blêmit au souffle du matin ;De tes lèvres s’exhale un soupir enfantin ;Lentement s’alanguit ta forme ardente et lasse.
L’aurore impitoyable a rempli l’horizon.Nos baisers attardés craignent la trahisonDes imprévus retours de la lumière errante.Lève tes yeux, remplis des vapeurs du sommeil.Vois, la virginité de la lune expiranteA préféré la mort au baiser du soleil.
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