« De ta robe à longs plis flottants »

Études et Préludes (1901)

CHANSON

De ta robe à longs plis flottantsRuissellent toutes les chimères,Et tu m’apportes le printempsDans tes mains blondes et légères.J’ai peur de ce frisson nacréDe tes frêles seins, je ne toucheQu’en tremblant à ton corps sacré,J’ai peur du charme de ta bouche.

Je me sens grandir jusqu’aux DieuxQuand, sous mon orgueilleuse étreinte,Le doux bleu meurtri de tes yeuxS’évanouit, lumière éteinte.Mais quand, si blanche entre mes bras,À mon cri d’amour qui se pâme,Tu souris et ne réponds pas,Tes yeux fermés me glacent l’âme…J’ai peur, — c’est le remords spectralQue l’extase ne saurait taire, —De t’avoir peut-être fait malD’une caresse involontaire.

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