« J’aime la boue humide et triste »
Évocations
SONNET
’aime la boue humide et triste où se reflèteLe merveilleux frisson des astres, où le soirRevient se contempler ainsi qu’en un miroirQui découvre à demi son image incomplète.J’aime la boue humide où la Ville inquièteDétache ses lueurs, blondes sur un fond noir,La Ville qui gémit sous un masque d’espoirParmi le vin, les chants et les cris de la fête.
Elle endure la foule aux pieds traînants et las.Elle subit l’empreinte anonyme des pas :Stagnante, elle croupit sur la route inféconde.Mais elle est l’Avenir des moissons, et les pleursDu printemps en feraient une terre profonde,D’où jaillirait la grâce irréelle des fleurs.
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