L’Aurore triste
Évocations
L’AURORE TRISTE
’aurore a la pâleur verdâtre d’une morte,Elle semble une frêle et tremblante AlkestisQui, les pas vacillants, vient frapper à la porteOù l’amour l’accueillait en souriant, jadis.Elle a quitté les flots qui roulent des étoiles,Les jardins nébuleux où dort Perséphoné,Ceinte de pavots blancs et vierge sous les voiles,Et le doux crépuscule au sourire fané.
Elle a quitté l’Hadès et l’éternel automne,Le reflet des roseaux et l’ombre des irisSur l’onde sans reflux, qui jamais ne frissonne.L’aube semble une frêle et tremblante Alkestis.Longtemps elle s’attarde au seuil de la demeureDont hier elle fut la parure et l’espoir,Et contemple le monde où la volupté pleure,Avec des yeux nouveaux qui s’attristent de voir.
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