La Fleur du Sorbier

Évocations

LA FLEUR DU SORBIER

aré d’aigue-marine et d’onyx et d’opale,Le soir voluptueux sourit bizarrement,Et, goûtant à demi la saveur du moment,Nous regrettons tout bas une joie idéale.Le couchant qui blêmit et rougit tour à tour,La campagne morbide et l’heure de tristesseSemblent nous reprocher d’avoir, ô ma Maîtresse,Accompli sans désir les gestes de l’Amour.

L’ombre vient consoler tes paupières meurtries.Les grappes de glycine encadrent tes bras nus.Les nuages, suivant leurs chemins inconnus,Ont l’essor nébuleux et blanc des Valkyries.Ton regard sans lueurs paraît agoniser.Une phalène au vol supplicié se poseSur la fleur du sorbier, d’un or pâlement roseComme la fleur secrète où j’ai mis mon baiser.

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