La Satyresse

Évocations

LA SATYRESSE

vierges qui goûtez la fraîcheur des fontaines,Êtres de solitude avides d’infini,Fuyez la Satyresse aux prunelles hautaines,Au regard que l’éclat du soleil a terni.Sa fauve chevelure est semblable aux crinièresEt son pas est le pas nocturne des lions.Sa couche a le parfum du thym et des bruyères.

Elle veut l’heure intense où sombrent les rayons :C’est l’heure qu’elle attend pour emporter sa proie,Les seins inviolés, les fronts et les yeux purs,Qu’elle aime et qu’elle immole à l’excès de sa joie,Qu’elle imprègne à jamais de ses désirs obscurs.Son passage flétrit la fraîcheur des fontaines,Son haleine corrompt les songes d’infini,Et verse le regret des luxures hautainesAu rêve que l’odeur des baisers a terni.

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