Les Ébauches

Évocations

LES ÉBAUCHES

e charme douloureux des ébauches m’attireComme un gardénia qu’une haleine meurtrit.La Beauté chastement entrevue y sourit,Harmonieusement, de son demi-sourire.Les visages fuyants et les frêles contoursS’estompent sur la toile irréelle du rêve,Ne laissant au regard qu’une vision brèveDont la divinité se dérobe toujours.

Car l’Ébauche est la sœur fragile des RuinesQui mêlent leur hantise et leur pâleur au soir,Évoquant la lumière ancienne d’un pouvoirSombre dans le palais que voilent les bruines.Et l’on sent défaillir le vouloir entravéDans la ténuité morbide de l’esquisse…Sa grâce fugitive, où le regret se glisse,À l’infini du vague et de l’inachevé.

Comments

Loading comments…