Les Arbres

Cendres et Poussières (1902)

LES ARBRES

ans l’azur de l’avril et dans l’air de l’automne,Les arbres ont un charme inquiet et mouvant.Le peuplier se ploie et se tord sous le vent,Pareil aux corps de femme où le désir frissonne.Sa grâce a des langueurs de chair qui s’abandonne ;Son feuillage murmure et frémit en rêvant,Et s’incline, amoureux des roses du Levant…Le tremble porte au front une pâle couronne.

Vêtu de clair de lune et de reflets d’argent,Le bouleau virginal à l’ivoire changeantProjette avec pudeur ses blancheurs incertaines.Les tilleuls ont l’odeur des âpres cheveux bruns,Et des acacias aux verdures lointainesTombe divinement la neige des parfums.

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