Aurore sur la Mer

Chansons pour mon ombre (1907)

AURORE SUR LA MER

e te méprise enfin, souffrance passagère !J’ai relevé mon front. J’ai fini de pleurer.Mon âme est affranchie, et ton ombre légère,Dans les nuits sans repos, ne vient plus l’effleurer.Aujourd’hui je souris à l’aube qui nous blesse.Ô vent des vastes mers, qui, sans parfum de fleurs,D’une âcre odeur de sel ranimes ma faiblesse,Ô vent du large ! emporte à jamais les douleurs !

Emporte tes douleurs au loin, d’un grand coup d’aile,Afin que le bonheur éclate, triomphal,Dans nos cœurs où l’orgueil divin se renouvelle,Tournés vers le soleil, tes chants et l’idéal !

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