À mon Démon familier
Le Vent des vaisseaux
À MON DÉMON FAMILIER
Toi qui hantes mes nuits cruelles, ô Démon !Qui vient ouvrir sur moi tes prunelles hagardesEt qui te tiens debout dans la chambre et regardes,Emporte-moi sur tes ailes de goëmon !Tu règnes sur mon cœur implacable et suprême !Que le vent de la mer nous emporte tous deuxDans le divin mépris des courants hasardeux,Ô toi que je redoute et cherche, ô Toi que j’aime !…
Les peuples sont petits et laids. Allons loin d’eux,De leurs propos mesquins, de leurs cœurs infidèles.Envolons-nous au bruit puissant des larges ailesQue tu sais déployer dans le vent orageux !Malgré le temps mauvais, debout dans la défaite,Me voici faisant face à l’orage, à la mer…Ô mon Démon, accours à ma voix, comme hier,Et reconnais en moi ton Maître, le Poète !…
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