Intangible

Le Vent des vaisseaux

INTANGIBLE

Nul n’oserait frôler l’effilement des doigts,Que je tends en un geste indifférent et triste.L’amour n’a point d’écho, pour répondre à ma voix,Nul n’ose interroger mes regards d’améthyste…

Car moi, fille royale, ainsi je l’ai voulu,Sachant que mon bonheur était dans le silence…Seuls, les beaux chants lointains de l’autrefois m’ont plu,Car c’est vers l’autrefois que mon âme s’élance…Et nul n’ose troubler la sombre paix d’un seuilQue garde l’inconnu. Moi, j’y règne, impassible…J’y sers obscurément le Dieu de mon long deuil…Nul n’ose m’approcher… Car je suis l’Intangible…

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