Le Palais du Poète
Le Vent des vaisseaux
LE PALAIS DU POÈTE
Les murs de ce palais sont d’ébène et d’ivoireEt les plafonds gemmés d’astres comme les cieux.Les esclaves y vont à pas silencieuxAvec leurs pas très-doux et leur face très-noire.Et les cyprès aigus s’y dorent au couchant…On n’entend jamais plus la fuite d’or du sableDans le lent sablier… car l’instant adorableY demeure, attiré par le pouvoir du chant…
Et, le repos semblable à l’écho, se prolongeInfiniment suave et tendre et musical,Comme un chant murmuré selon un rythme égal…Ici l’on goûte en paix l’éternité du songe…Comme un serpent couché, le lent chagrin s’endort…Le cœur tranquille enfin, et l’âme enfin ravie.Le Poète s’attarde en oubliant la vieEt croit goûter déjà la douceur de la Mort.En attendant la paix de cet instant uniqueLes parfums sont très-doux que brûlent les flambeaux…Et, dans les vases d’or que les grands lys sont beaux !Car le Poète écoute, en pleurant, Sa Musique !…
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