L’Automne

Poèmes

L’AUTOMNE

L’Automne s’exaspère ainsi qu’une BacchanteIvre du sang des fruits et du sang des baisersEt dont on voit frémir les seins inapaisés…L’Automne s’assombrit ainsi qu’une BacchanteAu sortir des festins éclatants et qui chanteLa moite lassitude et l’oubli des baisers.

Les yeux à demi clos, l’Automne se réveilleEt voit l’éclat perdu des clartés et des fleursDont le soir appauvrit les anciennes couleurs…Les yeux à demi clos, l’Automne se réveille :Ses membres sont meurtris et son âme est pareilleÀ la coupe sans joie où s’effeuillent les fleurs.Ayant bu l’amertume et la haine de vivreDans le flot triomphal des vignes de l’été,Elle a connu le goût de la satiété.L’amertume latente et la haine de vivreCorrompent le festin dont le monde s’enivre,Étendu sur le lit nuptial de l’été.L’Automne, ouvrant ses mains d’appel et de faiblesse,Se meurt du souvenir accablant de l’amourEt n’ose en espérer l’impossible retour.Sa chair de volupté, de langueur, de faiblesse,Implore le venin de la bouche qui blesseEt qui sait recueillir les sanglots de l’amour.

Le cœur à moitié mort, L’Automne se réveilleEt contemple l’amour à travers le passé…Le feu vacille au fond de son regard lassé.Dans son verger flétri l’Automne se réveille.La vigne se dessèche et périt sur la treille,Dans le lointain pâlit la rive du passé…

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