La Mort d’une Bacchante
Poèmes
LA MORT D’UNE BACCHANTE
Noùs ne tisserons pas les graves violettes,Nous ferons retentir le paktis vaste et douxA travers les forêts et les plaines muettes,Et nous arracherons les grands feuillages roux.— Mes compagnes, la voix large des lyres chanteLa mort d’une Bacchante.
La solitude a moins de regrets que l’amour,Et le sanglot est moins déchirant que le rire.Nous mêlerons nos bras jusqu’au déclin du jour,Et nous parfumerons de roses et de myrrheNos corps, où brûlera, comme un ferment divin,La colère du vin.Contemple sur ton seuil de pierre, ô sombre proieDe l’Hadès et du Styx, ô silence, ô pâleur !Notre douleur, pareille à l’éclat de la joie,Notre joie aux yeux fous, pareille à la douleur !Car la foule, cueillant la fleur des vignes, chanteLa mort d’une Bacchante.Vois toute la lumière, entends l’éclat du bruit !…Plus tard, nous couperons nos cheveux de prêtresses,Dorés comme la lune, épais comme la nuit,Ardents comme le soir, imprégnés de caresses,Plus tard, nous éteindrons le suprême flambeauSur ton calme tombeau.
Et nous te laisserons à l’ombre pacifique,Toi dont la lassitude envia le sommeilDu faune et du satyre accablés de musique,Rassasiés de fruits et repus de soleil…Compagnes, écoutez la pleureuse qui chanteLa mort d’une Bacchante.
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