Les Ébauches

Poèmes

LES ÉBAUCHES

Le charme douloureux des ébauches m’attire,Telles les frêles fleurs qu’une haleine meurtrit,Car la beauté jadis entrevue y sourit,Harmonieusement, de son demi-sourire.Ces visages fuyants, ces fragiles contours,S’estompant sur la toile irréelle du rêve,Ne laissent au regard qu’une vision brèveDont la divinité se dérobe toujours,

L’ébauche étant la sœur fragile des ruinesQui mêlent leur tristesse et leur hantise au soir,Évoquant la splendeur ancienne d’un pouvoirSombré dans le palais que voilent les bruines.On sent l’accablement du vouloir entravéDans la ténuité morbide de l’esquisseDont la grâce furtive, où le regret se glisse,A l’infini du vague et de l’inachevé.

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