Voici ce que je chanterai

Poèmes

VOICI CE QUE JE CHANTERAI

L’adorable repos, les brèves accalmies,Vous seules me les donnâtes, ô mes amies !Voyant paraître enfin la lune à Parc d’argentJe me repose et me désennuie, en songeant…Vous fûtes la douceur de mes heures mauvaises,Le baume oriental qui trompe les malaises,Et vous m’avez conduite en un verger païenOù l’âme ne regrette et ne désire rien.

Vous fûtes le parfum du soir sur mon visage,Et la volupté triste, et la tristesse sage.Au hasard du Destin, vous fûtes tour à tourLa sereine tendresse et le mauvais amour.Je vous prends et je vous respire, mes aimées,Ainsi qu’une guirlande aux fraîcheurs embaumées.Vous avez su tourner vers vous tous mes désirs,Et vous avez rempli mes mains de souvenirs.Je vous le dis, à vous qui m’avez couronnée :« Qu’importent les demaîns ? Cette nuit m’est donnée !« Qu’importe désormais ce qui passe et qui fuit ?Nul vent n’emportera l’odeur de cette nuit. »Vous avez dénoué mes cheveux, ô maîtressesQui mêliez en riant des roses à mes tresses !Si bien que je n’ai plus sangloté de ne voirÀ mon front ni léger pampre ni laurier noir.

La gloire m’a souri dans les aubes doréesPuisque ma gloire est de vous avoir adorées.Vous m’avez enseigné dans les jardins, sachantQu’ainsi je vous louerais, l’amertume du chant,Et, d’une voix parfois troublée et parfois claire,Ô femmes ! j’ai chanté dans l’espoir de vous plaire.

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