L’Orgueil d’Ostap
Le Parnasse contemporain — 1876
Près de la Setch guerrière aux huttes sans clôtureUn Zaporogue dort sur la route, en travers,Pareil aux demi-dieux dont en leurs anciens versLes Cobzars ont chanté l’héroïque stature.
L’or de son caftan turc et sa riche ceintureDe boue et de goudron par mépris sont couverts ;Vingt fois de son sang libre il a teint les prés verts ;Il prend la vie ainsi qu’une rude aventure.
Sur la route galope Ostap, le chef élu ;Devant l’homme superbe au cou large et velu,Il s’arrête, — et longtemps l’admire, — puis s’élance ;
Il franchit le Cosaque endormi. — Par milliersLe chef Ostap conduit de tels porteurs de lance,Et songe avec orgueil aux combats familiers.
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