Le Meurtrier
Le Parnasse contemporain — 1876
Le meurtrier cosaque avait pour lent suppliceD’être avec la victime enseveli vivant :— Près Kharkov une vierge aux portes d’un couventFut tuée étant prête à vêtir le cilice.
Sur la bière on a peint dans l’or le blanc calice ;Le jeune meurtrier pieds nus marche devant,Et les guerriers amis, graves en le suivant,Sentent leur cœur faiblir sans que leur front pâlisse.
Dans la fosse encor vide il se couche, — et ses yeuxUn moment ne voient plus du monde que les cieux :Puis sur l’homme on descend le cercueil, et la terre
Tombe avec un bruit sourd ; — et les durs compagnons,Respectant cet amour sanglant et solitaire,Sur la pierre ont, selon ses vœux, inscrit deux noms.
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