De la Tranquillité de l’âme (trad. Baillard)
Translated by Joseph Baillard
Que je plains le vieillard qui n’a que des annéesPour nous prouver qu’il a vécu !Panari(Panard.)
Avant tout souviens-toi qu’en valable monnaieDe ton vieux dévoûment un souper te surpaie.D’une illustre amitié c’est donc là tout le fruit :Un souper !… Et pourtant le maître en fait grand bruit.De ses faveurs avare, il en tient bon registre.
Ne forçons point notre talent,Nous ne ferions rien avec grâce.Font(La Fontaine.)
Car penser s’affranchir c’est une resverie ;La liberté par songe en la terre est chérie.Rien n’est libre en ce monde ; et chaque homme dépendComte, prince, sultan, de quelque autre plus grand
Tous les hommes vivants sont ici-bas esclaves,Mais suivant ce qu’ils sont ils diffèrent d’entraves :Les uns les portent d’or, et les autres de fer.
Toute puissance est une gêne :Oh ! d’un roi que je plains l’ennui !C’est le conducteur de la chaîne ;Ses captifs sont plus gais que lui.Bér(Béranger.)
Partout des malheureux, des proscrits, des victimes,Luttant contre le sort ou contre les bourreaux :On dirait que le ciel aux cœurs plus magnanimesMesure plus de maux.Lamar(Lamart., Médit. xiv.)
On a beau se farder aux yeux de l’univers,À la fin sur quelqu’un de nos vices couvertsLe public malin jette un œil inévitable….Et jamais, quoi qu’il fasse, un mortel ici-basNe peut aux yeux du monde être ce qu’il n’est pas.
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