Les “ sœurs blanches ”

Coups de clairon — Pour la liberté

LES “ SŒURS BLANCHES ”

Aux Proscripteurs.

L’été dernier, m’en revenantDe mon cher pays de DinanFêter Guesclin et sa statue,Je croisai sur le cheminLes « Sœurs » qu’un décret inhumainÀ supprimer s’évertue.

L’avant-veille on leur avait dit :« Allez-vous-en, dès samedi,Ou, sinon, gare à nos gendarmes ! »Et, vite, elles s’en allaient…Mais de leurs pauvres yeux coulaientLentement de tristes larmes !Et c’était grand’pitié de voirSous le ciel lugubrement noirToutes ces martyres, muettes,Par nos chemins défilantComme dans l’orage un vol blancD’inoffensives mouettes ;Elles pleuraient le petit nid,L’humble coin rustique e benOù, dans l’ombre, il faisait bon vivre,Satisfaites de très peu,Dans le chemin qui mène à Dieu,Le chemin si doux à suivre !Elles pleuraient leurs besogneux,Leurs infirmes, leurs pauvres vieuxEt leurs vieilles à demi-mortes :Elles plaignaient tous les gueuxPuisque jamais plus devant euxN’allaient se rouvrir leurs portes ;Mais leurs gros soupirs étouffantsVolaient surtout à leurs enfants,Les élèves de leur école,Les petits qui jamais plusDu doux et consolant JésusN’auraient la bonne Parole ;

Elles pleuraient leurs chers BretonsQui demandaient sur tous les tons,Le regard affolé d’angoisses,Quels crimes les oppresseursReprochaient à leurs « bonnes Sœurs »Pour les chasser des Paroisses !

Ô Proscripteurs ! Que je vous plains !Vos cœurs d’un fol orgueil sont pleins,Gonflés du triomphe de l’heure ;Mais où serez-vous Demain ?Que Dieu vienne à baisser la main,Vous passez : Lui seul demeure !De vous il ne restera rien,Sectaires ! entendez-vous bien ?Rien qu’un chapitre dans l’Histoire ;Un chapitre ? Eh ! las ! pourquoi ?Rien qu’une page ou… qu’un « renvoi »Flétrissant votre mémoire :« On vit, en l’an dix-neuf cent deux,De faux républicains, haineux,Perpétrer deux actes infâmes :Étrangler la LibertéEt commettre la LâchetéDe faire pleurer des femmes ! »

Comments

Loading comments…