Un voyage en Espagne
De vos propos mon oreille est froissée ;Mais sachez bien qu’un homme tel que moi,Quand il sent son âme blessée,Ne pardonne pas…
J’ai soif de la couleur locale,J’ai faim de l’Espagne au ciel bleu ;Je ne rêve qu’Orientale,Soleil d’or et regard de feu !
Je ne vois qu’échelles de soieAboutissant à des yeux noirs.Je ne rêve que flanc qui ploieEt que sérénades les soirs.
Je rêve dague de Tolède,Dona Sol et don Ru y Gomer ;Alguazils Tenant à mon aide,Guadalquivir, Manzanarès !
Vrai Dieu ! le vent de la montagne,Je le sens, va me rendre fou…Bref, je ne rêve que d’Espagne,Sur les airs de monsieur Monpou !
Vous avez lu que dans l’histoire ancienneUn souverain fut laboureur :Sans déroger la tige pélagienneParmi les siens peut voir un décrotteur.Je le sais bien, d’ailleurs, noblesse oblige.Et qui pourrait vous condamner,Lorsque vous venez de donnerUn nouveau lustre à cette tige.
Allez, quittez ces lieux,Ennemi généreux,Voici ma sœur, et je tous la confie ;
De la philosophie :Laisse tout faire ainsi ;De ton mari, moi, je me charge ici.
Je dois quitter ces lieux ;L’ennemi généreux !C’est mon époux à qui l’on me confie ;De la philosophie :Laissons tout faire ainsi ;Car Inigo de tout se charge ici.
Ils vont quitter ces lieux ;L’ennemi généreuxEst son époux… à lui l’on se confie ;De la philosophie :Laissons tout faire ainsi ;De Reniflard, moi, je me charge ici.
Il faut quitter ces lieux ;Ennemi généreux.Catalina ! quoi ! l’on me la confie ;De la philosophi :Laissons tout faire ainsi ;Qu’importe après ce qu’il arrive ici ?
Véritables fils de la gloire,Ce paysEst par nous conquis,Soumis,
Et l’étendard de la victoireÀ fait fuir tous nos ennemis.
Air : El Zapateado.Ces amans sont heureux,
Qu’ils partent de ces lieux,Sans plus tarder, qu’ils retournent en France.Cette douce espéranceComblera tous nos vœux.Soyez heureuxEt partez de ces lieux.
Moment tardif ! peut-être, heure trois fois bénie,Le tour est fait, voilà notre farce finie.C’est à ton tour, Public, de te montrer charmant.Nous avons débité nos rôles couramment,Chanté juste, à peu près nos couplets de facture,Et déployé les dons que nous fit la nature.Ne vas pas, te livrant à ton esprit railleur,Malgré ta probité, siffler comme un voleur !Pourquoi siffler ? ton chien n’a pas perdu ta piste,Tu n’instruis pas d’oiseaux, tu n’es pas machiniste.Ce vaudeville en vaut un autre aussi mauvais.Laisse donc sur nos fronts tomber la toile en paix ;Que Reniflard, perdu dans ce pays d’Espagne,Sur sa route ait au moins quelqu’un qui l’accompagne ;Donne, sans peur de duel, une claque aux acteurs,Et daigne pardonner les fautes des auteurs.
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