Je revis doucement d’anciennes pensées
La Verdure dorée
Je revis doucement d’anciennes pensées,Et leur frêle pâleur d’estampes effacées,Ravivant les douleurs graves du souvenir,Fait encore mon rêve à ton rêve s’unir.Tendres comme des fleurs, légers comme des plumes,Voici passer tous les plaisirs que nous élûmes ;Et mon cœur pénétré de leur triste parfumPleure les jours enfuis et le charme défunt.Ah ! que l’heure de joie et de bonheur renaisse,Dans la lumière, aux bleus décors de ma jeunesse,Où je dansais… Amour, et l’azur du matinAccueillait les oiseaux des songes ! — Le jardinDans le silence étend ses désertes allées,Et la rouille s’attaque aux vasques ciselées,Hélas ! — Et j’appartiens au passé radieux,À ces jours, à ces nuits qu’éclairaient tes beaux yeux,Où mon cœur ignorant des tristesses morosesÉtait doux et léger comme un parfum de roses.
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