La lune se répand sur les blanches prairies
La Verdure dorée
La lune se répand sur les blanches prairies,Mais je veux dans mes bras ce soir que tu souriesEt que d’un cœur gonflé de jeunesse et d’amourTu goûtes la beauté de l’ombre après le jour,Car nous remémorant l’azur, ô toi qui n’aimesQue les prés attiédis et les fraîches tonnelles,Dans la lueur lunaire encore nous verronsLa lumière, le chœur ivre des moucherons,La cage de roseaux suspendue au plataneEt l’ombre violette où le paon vert étaleRouge, bleue et dorée une roue en émail,Le bouc apprivoisé sous les branches du mail,La neige des brebis et les genêts de soufre,Les feuillages légers et l’air tendre qui souffleDans l’herbe d’émeraude et le trèfle incarnat.Angélus. Souvenirs. Cloche et pensionnat.La lune sur le toit glissait sa blanche corne,Sous les tilleuls nouveaux tu sautais à la cordeEn écoutant gémir de vagues pianosDans la cour où déjà se taisaient les moineaux.Tu cousais mes billets aux volants de tes robes…Les mésanges de juin s’endorment sur les roses
Et près de toi je songe à tous les rossignolsDont la voix enivrait les jasmins espagnolsAux jardins de jadis dans la nuit odoranteOù la lune roulait comme une rouge orange.
Comments
Loading comments…