La maison où je l’ai connue
La Verdure dorée
La maison où je l’ai connueAbrite un cuistre chauve et gras.Où est la courbe de ses bras ?Où est sa gorge dure et nue ?
Bon cuistre (hic, hœc, hoc ; hujus,Hujus, hujus), parle-moi d’elle,Que ta voix comme une chandelleÉclaire les plaisirs que j’eus.
Je viendrai dans l’étroite chambre,Et les souvenirs sur les mursSeront pareils à des fruits mûrsSur les espaliers de septembre.
Cuistre adorable (hic, hœc, hoc),Son amant fleure-t-il le musc, leCorylopsis ? Tend-il le muscleDu mollet comme un jeune coq ?
Voici le store et les persiennes.Le soir elle s’endormait là.La tendresse donnait le laSous les gravures anciennes.
Cuistre, je t’aime avec éclatCar le cuir de ton crâne chauveReflète l’ombre de l’alcôveOù l’amour aux dieux m’égala.
Une feuille de l’hiver blêmeTombe sur la table où j’écris ;Et je raille malgré les crisQue j’entends au fond de moi-même.
Que ne puis-je être allègre et douxComme un lièvre sur une touffe,À l’heure où le chagrin m’étouffeEt me fait ployer les genoux !
Ils disent que la vie est belle.Je meurs, tu meurs et nous mourons.De liserons, parons nos fronts.Ouvrez l’amour comme une ombrelle.
Ah ! ferme ces yeux obstinésSi rien au monde n’est durable,Et mets la lampe sous la tableCar l’encrier te rit au nez.
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